Moyens de fixer son mari, sa femme !
J'ai mis dernièrement la main - pour un euro, j'aurais eu tort de me priver - sur un sympathique petit ouvrage datant de 1859 : Philosophie du mariage, études sur l'amour, le bonheur, la fidélité ; les sympathies et les antipathies conjuguales ; jalousie - adultère - divorce-célibat ; et tout cela par un seul et même homme : A Debay, chez E. Dentu, libraire-éditeur à Paris.

Les chapitres XVI - Moyens de fixer un mari - et XVII - Moyens de fixer sa femme - ont, parmi d'autres, attiré mon attention...
Je vous livre un sémillant aperçu du premier cité ; pour vous mesdames, mesdemoiselles !
La femme est, sans contredit, la plus belle, la plus aimable des créatures, mais de toutes les créatures aussi, la femme est celle qui exige le plus de soin, le plus de propreté. [...] Ainsi, la femme qui néglige son corps et ses vêtements oblige son mari à chercher un objet plus attrayant. Dès lors, l'attrait qui rapprochait l'homme de la femme se dissipe et le bonheur s'enfuit. [...] Les qualités morales propres à attacher une femme à son mari sont la chasteté, la douceur, la sincérité, la confiance, l'amour du travail, une conduite franche et loyale, une soumission éclairée par la raison, la tendresse, l'amabilité, la modestie, les procédés délicats, enfin, les menus soins d'épouse, les mille et une caresses auxquelles l'homme le plus rude, le plus sauvage, ne peut résister. [...] Les fantaisies, les caprices, les volontés doivent être réprimés [...]. L'inconséquence, l'étourderie, la curiosité, la jalousie, sont de dangereux ennemis : la femme qui est affligée de ces défauts ne saurait être heureuse en mariage. La jeune épouse enthousiaste doit se garder de la lecture des romans, afin de ne pas laisser aller son esprit à ce qu'on appelle la tournure sentimentale. Une imagination embrasée par ces lectures ardentes ne voit plus les choses sous leurs couleurs naturelles, et s'égare incessamment au séjour des chimères, à la poursuite d'êtres fantastiques. [...] Une jeune femme qui se jette sans guide et sans nulle expérience dans le dangereux tourbillon du monde est en butte aux mauvais conseils, aux mauvais exemples, aux attaques du libertinage, à toutes les séductions du vice, et finit presque toujours par succomber. Or, les femmes qui veulent rester fidèles à leurs devoirs doivent se retrancher au milieu de leurs affections, se serrer auprès de leur époux, de leurs enfants, où l'ennemi ne sera point assez audacieux pour venir les attaquer. [...]
Et pour "fixer sa femme", bande de lecteurs mâles avides et impatients ? Mûrissez donc en vous ces quelques conseils :
[...] Etudiez donc assidûment et tâchez bien de saisir le caractère et les penchants de votre femme ; c'est une étude difficile, j'en conviens ; il faut de l'application et de la persévérance. [...] Ayez tous les soins, les tendres égards, toutes les gracieuses minauderies que réclame son organisation féminine. Il est des jours où la femme est capricieuse, fantasque, boudeuse, irascible sans savoir pourquoi ; un rien exalte sa sensibilité ; elle se fâcherait, se mettrait en colère pour la moindre des choses. [...] L'homme d'esprit respecte ces caprices, ces fantaisies, et s'attache ainsi, de plus en plus, le coeur de sa femme. [...] Ne l'accablez jamais de votre supériorité d'intelligence ; écoutez avec bienveillance ses avis, s'il lui arrive de vous en donner, fussent-ils de peu de valeur. Le plus léger dédain pique au vif une femme, et une femme piquée au vif cherche toujours à se venger. [...] si vous aimez votre femme, si vous tenez à son amour, ne commettez jamais l'imprudence de la conduire en public dans tout l'éclat de sa beauté, parce que, bien certainement, elle sera convoitée par autrui. N'allez pas follement ou bonassement introduire dans votre intérieur des amis célibataires, avec la loyauté sur les lèvres et le désir insolent au coeur. [...]
Amusant tout cela, non ? :-)