Pas un projet, un leurre !
Durant le week-end dernier, je me suis "amusé" - je sais, on a les amusements que l'on peut ! - à regarder sur le net une bonne moitié des deux heures du premier débat mettant en scène Ségolène Royal, DSK et Laurent Fabius pour le compte de l'investiture du parti socialiste pour les prochaines présidentielles. J'avais un peu de rangement à faire, cela me titillait de tendre l'oreille pour savoir ce que la madone des médias, le prof d'éco "à qui on ne la fait pas" et le libéral "faux-repenti" avaient dans le ventre.
Ce premier débat portait si je ne m'abuse sur les questions économiques et sociales. Bon, au delà du côté très "figure imposée" de cet exposé théorique à trois, qui rendait - pour la comparaison - presque attractive une compétition de curling, je dois avouer que la proposition visant à ramener le chômage de 10 à 5 % a fait tilt dans ma tête.
Oui, celle-ci a je l'avoue opéré en mois une subite interconnexion neuronale tant elle sonne faux et tant les différents intervenants n'ont pas eu l'honnêteté d'avouer, de reconnaître que les données actuelles en matière de chômage étaient totalement fausses et tronquées ! Les gouvernements successifs, de gauche et de droite se gargarisent de chiffres que les médias reprennent en coeur, n'invoquant, lorsqu'il s'agit de faire preuve d'un soupçon de nuance, que les effets de la croissance ou des départs à la retraite.
Les politiques de tous bords, prétendants à l'Elysée de leur état, de gauche en premier lieu, seraient bien inspirés de regarder la réalité en face et d'avoir pour projet de ramener le chômage à... 10 % ! Un chômage au sujet duquel n'est pris en compte - ceci explique cela - qu'une catégorie sur huit ! Un chômage qui ne concerne pas que deux millions de nos concitoyens mais plus de quatre, voire cinq !
Car oui, ouvrons les yeux que diable ! On ne compte plus aujourd'hui que les inscrits au sacro-saint couple "Assedic-ANPE" ; celles et ceux qui prennent la peine de s'inscrire devrais-je dire, tant le flicage prime de nos jours sur l'accompagnement.
Les Rmistes ont déserté, les jeunes se font la malle, les plus de 55 ans (50 ?) ne sont même plus comptabilisés. Et ne parlons pas du travail précaire, de l'intérim subi, des missions de quatre heures, d'une journée, d'une semaine pour fausser comme il se doit les statistiques qui ne demandent que cela !
La réalité est là, tangible et délétère, vérifiable pour celles et ceux qui refusent de se méprendre de ce que l'on cherche à leur faire ingurgiter. Ce n'est pas 10 % de la population qui se trouve être aujourd'hui au chômage mais le double, presque 20 %.
Au total, plus de cinq millions de personnes n'ont pas un emploi réel, ou n'ont pas un emploi pourvu d'un minimum de stabilité de salaire.
Alors, que tous ces pseudo-professionnels de la politique arrêtent leur char, cessent de nous projeter vers un retour au plein-emploi, formule attrayante s'il en est, mais à ranger de toute urgence au rayon du leurre et de la tromperie.