Au sujet de la guerre...

Publié le par Thomas

... Et au vu de l'article onusien qui n'avait pour dessein que de mettre en exergue toutes les difficultés - et non l'inutilité ! - pratiques d'une telle organisation, je me remémore et conseille de ce fait la lecture du livre de Jean Bacon, Les saigneurs de la guerre - brève histoire de la guerre et de ceux qui la font, paru au début des années 80 puis réédité -  et par là même actualisé - par Phébus en 2003, désormais disponible en poche chez le même éditeur.

Et qu'en retire-t-on ? N'étant guère un adepte de la paraphrase ou du copié-collé qui ne dit pas son nom, je préfère livrer à vos yeux par avance ébahis ce qu'en livre du contenu la quatrième de couverture :

On a écrit à ce jour quelques millions de pages sur la guerre - et presque toujours "contre" la guerre. A de rares exceptions près, cette pieuse littérature fait baîller - ou sourire, quand l'on sait son exemplaire inutilité. Jean Bacon, plutôt que d'ajouter sa pierre à cet édifice en trompe-l'oeil, a résolu de tourner ses armes contre la façade en carton peinte de si jolis mensonges. Il n'entend pas ici refaire l'histoire de la guerre ou des guerres, mais démolir plutôt et de façon fraîche et joyeuse ('tradition oblige"), toute une littérature spécieuse qu'on nous a servie vingt siècles durant pour nous cacher ce que confusément chacun sait mais préfère taire : que tous les hommes, toutes les religions, toutes les nations, tous les partis politiques, tous les industriels (marchands de canons et de pansements confondus) chérissent furieusement la guerre : laquelle est d'évidence la seule drogue dont il n'a jamais été question que l'humaine engeance puisse se passer.

Autant vous dire que si je ne m'en souviens pas dans le détail, ce qui m'a poussé à vous servir cette prose éditoriale qui le résume mieux que tout, je peux affirmer par contre que la lecture de cet opus -aussi didactique sur le fond que plaisant sur la forme - vous fait grandir à vitesse grand V sur le thème "guerre et paix", de même qu'il vous rend sceptique sur l'efficacité - à ne pas confondre encore une fois avec utilité ! - à long terme de toute action humaine préventive sur le sujet. Non pas qu'il ne faille rien faire, là n'est pas le propos de l'auteur ,mais seulement ne pas se draper de trop d'illusions et filer l'antienne du "peace and love" plus que de raison. Le passé, le présent l'attestent, l'avenir ne dérogera point à cette règle immuable.

Jean Bacon cite d'ailleurs au début de son ouvrage un historien qui a calculé que, de 1496 avant JC à 1861 après ce pacifiste JC, soit en 3358 ans, il y a eu 3130 années de guerre et 277 années de paix... Lorsque l'on sait ce qu'a été la fin du XIXe siècle, le XXe et notre XXIe siècle naissant, on se dit que la véracité statistique perdure avec entrain sur le sujet !

Le "machin" qu'est l'ONU - appelation gaullienne soit dit en passant, rendons à César ce qui lui appartient -  fut créé en premier lieu - en 1945 donc - pour éviter que les générations futures ne soient exposées à un troisième conflit médial. En ce sens, elle a  pour l'heure rempli sa mission... En revanche, force est de constater que l'on assiste depuis plus de vingt ans à un bourgeonnement perpétuel de conflits locaux, de guerres opposant des pays, des ethnies, des factions religieuses, que sais-je encore...

Inutile d'avoir fait Polytechnique pour se rendre compte que l'ONU n'a guère les moyens de prévenir, solutionner la bonne trentaine de conflits en cours dans le monde. Trop de pesanteurs économiques( que ce soit à l'échelle de nos banlieues ou à l'échelle du globe, toute prévention d'embrasement potentiel est une question de moyens), de barrières diplomatiques (lorsque les membres permanents du Conseil de sécurité ne sont pas d’accord sur une action à entreprendre, la mission est impossible et dieu sait que cela arrive souvent !)  et...

Et cette guerre à laquelle tant de dirigeants de toute nature aspirent !

Bonne réflexion et bonne lecture.

 

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Publié dans initialestb

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