9 octobre 1981 - 9 octobre 2006
Il y a vingt-cinq ans déjà, ving-cinq ans seulement serait-on tenté de rajouter, que la peine de mort a été abolie en France, par la grâce formelle d'une phrase lapidaire publiée dans le Journal officiel, par la grâce rhétorique et persuasive d'un homme, Robert Badinter ; ce, après que d'autres hommes, non moins illustres, tels Hugo ou Jaurès, se soit élevés dans le passé face à ce que le premier cité qualifiait de "barbarie" et contre laquelle le second mettait en avant le "dogme de la fatalité" qui "détourne les nations de la recherche des responsabilités sociales dans le crime".
"Aucun homme n'est totalement responsable, aucune justice n'est absolument infaillible, ce qui rend la peine de mort moralement inacceptable" avait lancé Robert Badinter du perchoir de l'Assemblée Nationale avec toute la force de caractère et de conviction que personnifie cet homme, avocat au long cours du bon sens, donc d'une justice pertinente et humaine.
Parce qu'une Justice qui tue ne peut être juste, ralliant le crime dans son propre camp, parce que Justice ne rime pas avec vengeance, on ne peut que saluer à nouveau cette mesure et se reporter aux ouvrages de Robert Badinter sur le sujet pour mieux en saisir les enjeux.
