L'Anguille
Avec la disparition du grand cinéaste japonais Shohei Imamura, deux fois primé au festival de Cannes, me revient en mémoire le dernier de ses films à avoir décroché la Palme d'or : L'Anguille. L'histoire d'un homme qui sort de prison en liberté conditionnelle, huit ans après avoir tué sa femme ; un homme qui devient coiffeur, dans un village un peu paumé non loin de Tokyo avec une anguille comme seule compagne. Comme souvent dans le cinéma japonais, le temps s'étire, avec l'impression qu'il ne se passe rien ou presque. Mais c'est dans ce rien, dans cette accumulation d'instants plus ou moins absurdes que le film tire sa force et que notre attention demeure en éveil. D'autant que notre homme solitaire ne tarde pas à combler ce vide à l'aide de sentiments qu'il croyait à jamais évanouis.
