Le silence des anges
La signature, le 28 février 2006, d'une convention inter-ministérielle visant à mettre en place un système d'alerte de la population en cas d'enlèvement d'un enfant mineur avait fait, à raison, la une des médias...
Pour rappel, l'alerte ne pourra être déclenchée que si les quatre critères suivants sont tous réunis :
1 - Il doit s'agir d'un enlèvement avéré et non d'une simple disparition, même inquiétante.
2 - La vie ou l'intégrité physique de la victime doit être en danger.
3 - Le procureur de la République est en possession d'éléments d'information dont la diffusion peut permettre de localiser l'enfant ou le suspect.
4 - La victime doit être mineur.
Nous le savons bien, l'actualité deverse chaque jour son lot de mauvaises nouvelles. La "disparition" puis la découverte des corps de Mathias et Madison, respectivement quatre ans et demi et cinq ans en fut une, tragique.
Concernant cette dernière, nous avons appris par l'intermédiaire des journaux que ce fameux dispositif d'inspiration anglo-saxonne n'avait pas été déclenché au motif qu'une des conditions pour l'activer - la 1 -n'était pas remplie.
Alors, quid de l'utilité et de la pertinence de ces critères et, au final, de ce fameux dispositif "Alerte enlèvement" ?
On ne peut que souligner, au vu des conditions qui sous-tendent sa mise en oeuvre, qu'un tel dispositif ne risque guère d'être déclenché un jour. "Dispositif exceptionnel" répond le ministère de la Justice... Exceptionnel, cela ne devrait guère être un motif de fierté, d'autant que les enlèvements ne le sont pas, eux, exceptionnels ! Disons-le sans plus tarder, ce dispositif est irrationnel ! Il suffit de le relire, de méditer sur ces critères qui conditionnent son application. Si le sujet n'était pas aussi grave, les conséquences d'une telle inertie théorique aussi tragiques, nous pourrions presque en sourire !
Que faut-il pour voir des moyens rapides et tant soit peu efficaces mis en oeuvre pour retrouver un enfant ? Que le ravisseur rentre en contact avec le procureur, la gendarmerie ou je ne sais quel institution et prévienne qu'il séquestre un enfant ? Que l'on se rende compte ainsi que ce dernier est en danger, qu'il a bien été enlevé, qu'il se trouve grosso modo à tel endroit ? On croît rêver ! Certes, si dans la grande majorité des cas, on retrouve l'enfant disparu, une application un peu moins tatillonne de ce système "alerte enlèvement" permettrait sans nul doute d'éviter que l'on retrouve certains de ces enfants inanimés, en pleine nature... Enfin, il me semble...