Course à l'échalotte...
Où il sera question de cuisine électorale, de moins en moins ragoûtante au fil des ans, d'autant que la recette de l'inertie semble être la spécialité de nos dirigeants...
La démocratie "moins mauvais des régimes politiques possibles" disait le bon vieux Churchill, un cigare calé entre les lèvres...
Une antienne qui s'applique à merveille à notre scène politique hexagonale où les votes se diluent à n'en plus finir dans le ventre mou des hautes sphères décisionnaires...
Ah non, je ne rêve pas d'une "bonne guerre" et encore moins au coup d'Etat...J'aspire toutefois à un minimum de courage, d'esprit de responsabilité... Jusqu'à croire que l'utopie n'est que l'envers de l'Histoire !
Mais redescendons sur terre, revenons-en à cette course à l'échalotte électorale, bassement populiste, c'est un fait...
Quelle est la dernière trouvaille de notre petit Sarko ?
"Si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter"
En voilà un doux slogan, emprunté à de Villiers qui lui même l'avait emprunté à l'homme qui n'a qu'un oeil...
La chasse à l'électeur frontiste est déjà lancée. Pensez donc ! 18 % au second tour de l'élection présidentielle de 2002, il s'agit de ne pas se louper et de flatter le challand sur des thèmes ou la démagogie a souvent le vent en poupe ; démagogie que cette frange de l'électorat épouse sans le moindre sourcillement neuronal !
Oui, sans apercevoir que Sarko flatte d'un côté pour marcher à côté de ses pompes de super-ministre de l'autre !
S'il cherche une fois de plus à stigmatiser cette prétendue "racaille" qu'il souhaitait il y a peu passer au Karcher - formulation qui a eu pour conséquence de mettre nos banlieues à feu, chapeau l'artiste ! - il feint d'oublier qu'il ne fait pas grand chose pour que cette population qu'il vise "aime" la France, pays qu'elle n'a guère envie de quitter ! Pense-t-il vraiment que la solution est d'inciter à l'exode des personnes qui n'ont d'autre souci, dans leur majorité, de s'intégrer au sein de la communauté nationale ? Des êtres qui, en raison de leur lieu d'habitation ou de la consonance de leur nom, sont bien souvent "victimes" de cette France qui les a vu naître... La vérité est ailleurs !
Et que Sarko se rassure sur un autre point : pas besoin de ne pas aimer la France pour la quitter ! Bon nombre de nos chercheurs formés ici-même l'ont bien compris. Face aux moyens déplorables alloués au secteur de la rechercher, nombreux sont celles et ceux qui trouvent leur bonheur à l'étranger. Etats-Unis, Grande-Bretagne, Canada se font d'ailleurs un plaisir de les accueillir !
On pourrait ainsi parler de bien d'autres catégories socio-professionnelles pour lesquelles la reconnaissance passe par l'exil...
Il est plus facile de pousser les premiers à partir pour des raisons bassement électoralistes que de retenir, entre autres, ces chercheurs dont je parlais à l'instant. Bref, il est plus facile de manier la rhétorique populiste que d'avoir une "vision" faite de perspectives pour l'avenir de notre pays !
"L'intelligence est caractérisée par une incompréhension naturelle de la vie" disait Bergson. Le problème du petit Nicolas, c'est qu'il pense avoir tout compris.
"La route est droite mais la pente est forte" dit le vieux sage poitevin...