Julien Gracq

Publié le par Thomas

Vous me direz, à raison, qu'il y a une fin à tout en ce bas monde, qui plus lorsque l'on a dépassé les 97 printemps. Mais lorsque l'on apprend le décès, samedi 22 décembre, d'un personnage du calibre de Julien Gracq, il y a de quoi faire résonner un modeste éloge en l'honneur de celui qui reste l'un des plus grands écrivains français du XXe siècle, entré de son vivant dans la prestigieuse bibliothèque de la Pléiade ; ce, sans tambours ni trompettes, artifices que ce joaillier de la langue exécrait par dessus tout.

Julien Gracq, Louis Poirier de son vrai nom, trônait bien avant que je ne sois né sur les étagères de la bibliothèque familliale. Il est sans nul doute avec Giono, Dostoïevski, Ramuz, Fante et quelques autres celui qui a les faveurs de mon père...

Julien Gracq qu'il eut d'ailleurs le privilège d'avoir comme professeur d'Histoire-Géographie au lycée Claude Bernard de Paris, au tout début des années 60 ; quelques années après que ce dernier ait livré au cercle germanopratin des lettres  son premier camouflet en refusant le prix Goncourt pour son oeuvre la plus connue : Le rivage des syrtes.

Car, au delà d'un style que d'aucuns jugeront à la limite du précieux, Julien Gracq avait pour lui la discrétion et la rectitude d'un caractère  tout aussi exigeant que secret, faisant fi des honneurs et de la soif de médiatisation qui imprègne notre modernité jusqu'aux plus hautes sphères. Une volonté d'indépendance et de tranquillité tout à son honneur, tant le succès et les éloges tendent à dénaturer et à biaiser les choses, faire passer au-delà de l'essentiel.


                                        Julien Gracq en 2003
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Publié dans initialestb

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