Le Grand Silence

Publié le par Thomas

Sera-t-il à nouveau question ici du magnifique western réalisé par Sergio Corbucci en 1968, avec Jean-Louis Trintignant et feu Klaus Kinski, énormes tous deux dans ce film mésestimé  ? Non, puisque je vous en avais déjà soufflé mot aux premiers jours de ce blog... Inutile, donc,  que je vous conseille à nouveau ce spaghetti "al dente"... Quoique !

Pour l'heure,  Il s'agit de saluer comme il se doit mon retour dans les salles obscures. Non que mes oreilles soient moins fragiles qu'avant... Non ! Disons que le film-documentaire que je suis allé voir dimanche dernier au cinéma l'Arlequin, sis 76 avenue de Rennes dans le VIe arrondissement de Paris, était le plus à même de me pousser à franchir le pas, plus de sept ans après ma dernière séance.

Déjà, le titre avait de quoi m'interpeller... Le Grand Silence... Pour attirer mon attention, rien de mieux que le terme "silence", je dois l'avouer ! Quant au sujet, il est des plus reposants, calmes, pacifiques puisqu'il nous invite à suivre 2h42 durant le quotidien au combien burlesque et déjanté des moines de l'ordre des Chartreux, ordre contemplatif à voeux solennels fondé en 1084 par St Bruno, grand déconneur devant l'éternel ; ce au sein de la maison-mère : la Grande Chartreuse, située près de Grenoble, dans un coin perdu, de ceux que les moines affectionnent !

Le réalisateur du documentaire avait sollicité lesdits moines une première fois en 1984... Au bout de....Seize années de réflexion, ces derniers avaient donné leur accord.... On le voit, ces Chartreux prennent leur temps ,de même qu'ils le tuent en priant, ne sont pas pressés, ont la vie devant eux et l'éternité en ligne de mire et de salut, dans la joie et l'allégresse divine, toute intérieure dois-je dire ! Leur marque de fabrique, de "pratique" devrais-je dire est soufflée à la conscience du spectateur dès le début du film avec une caméra fixant cinq bonnes minutes un des leurs, agenouillé sur un prie dieu, avec une qualité de d'image volontairement empruntée aux documentaires couleur de la seconde Guerre Mondiale, si vous voyez le genre....

Et le temps, on s'en rend bien vite compte en leur compagnie, a une drôle de façon de "passer"... Déjà, il s'arrête, on est prié de laisser de côté nos penchants pragmatiques et nos habitudes consuméristes, de placer le levier de nos horloges internes respectives sur le mode pause. Ce documentaire nous invite à une certaine forme d'empathie dans le recueillement, de renoncement dans l'action, de contemplation parfois éprouvante, c'est du moins l'impression qui fut la mienne, tant le quotidien de ces moines est fade et routinier à mes yeux. Plus haut, plus vite, plus fort ? Non, plus près de toi mon Dieu, tout simplement et pour cela, prier, et toujours prier dans la solitude et le renoncement à toutes les inclinations bassement matérielles, contemporaines et triviales.

Le chartreux ne souflle mot, excepté lors de sa sortie hebdomadaire, histoire d'aérer les idées et de faire de la luge avec son postérieur emmitouflé dans une robe de drap beige confectionnée par le moine couturier. Il mange seul, excepté le dimanche ou il peut souper en compagnie de tous ses petits camarades, non pas en écoutant les dernières informations, non, mais en se montrant réceptif à quelques paroles évangéliques de bon aloi, au cas ou il oublierait dans quel espace il évolue et quels voeux il a pu formuler lors de son entrée dans cette annexe de Rires et Chansons. Pas d'activité pastorale ni d'occupation caritative, le chartreux prie, mange, dort et basta ! Les plus chanceux d'entre eux jardinent, donnent à manger aux chats errants ( pas dans un grand silence cependant pour le principal intéressé !), préparent la tambouille ou jouent aux apprentis coiffeurs. Et l'on imagine ce qu'il pourrait être dit dans e dernier cas de figure si quelque chose était dit... "Comme la dernière fois Michel ?" "Oui, comme la dernière fois Robert, bien court, surtout autour des oreilles s'il te plaît !"...


Austère tout cela ? Oh que oui ! Heureusement que le cadre est beau... Vers la fin du film-documentaire, que l'on aurait bien amputé de moitié, tant la routine de cet ordre frappait ma conscience et titillait mon impatience, un des membres de cette vénérable confrérie exprime son impatience d'en finir, de franchir la porte qui le rapprochera du Seigneur tout puissant.

De quoi en somme mêler au grand silence un grand soupir...

 

 

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Publié dans initialestb

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G
et comme l'affirme le grand théologien Patrickus Sébastienus: "Qui habet aures audiendi, audiat"
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E
Greg réveille toi!!!!!!!!!!!
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