L'arrière-pays (2)
Suite des pérégrinations de votre blogueur préféré dans l'arrière-pays du 4-4. "Promenade à l'italienne", hier, à La Garenne Lemot, parc de 13 hectares traversé par la Sèvre nantaise ; un ensemble façonné fin XVIIIe - début XIXe par deux artistes lauréats du prix de Rome, le sculpteur François-Frédéric Lemot (1771-1827) et l'architecte néoclassique Mathurin Crucy (1749-1826). Les deux compères ayant séjourné quelques années en Italie au cours de leurs formations respectives, autant vous dire tout de suite que l'ensemble architectural et paysager qu'ils ont créé ici dénote d'une infuence italienne certaine.

Le temple de Vesta (1818-1822)
Temple circulaire comptant dix-huit colonnes surmontées de chapiteaux doriques se dresse sur la rive droite de la Sèvre. Il est censé - à vous de voir ! - évoquer le temple antique de Vesta à Tivoli.

La Villa Lemot
Celles et ceux d'entre vous qui connaissent un peu l'Italie auront reconnu l'architecture néoclassique inspirée des grandes villas romaines. La Villa Lemot fut édifiée à partir de 1824 et occupe une place centrale à l'intérieur du Parc. Ses terrasses ombragées offrent une fort jolie vue sur la vallée de la Sèvre et sur la ville voisine, Clisson, que vous aviez pu déjà admirer cet été.



Un parc d'inspiration italienne sans statue n'en est plus vraiment un ! Petite revue d'effectif...

La maison du jardinier
Réalisée entre 1811 et 1815 par Crucy. Premier édifice italianisant du pays Clissonnais. Inspiration venue d'Ombrie et de Toscane avec entre autres éléments architecturaux significatifs cette haute tour pigeonnier que vous pouvez observer.

Le temple de l'amitié (1812-1824)
Il fallait bien un édifice pour célébrer à l'encontre des générations futures les liens qui unissaient les deux initiateurs du site. D'ou l'idée de ce petit sanctuaire à l'antique, emprunté au modèle du temple de la Sybille à Tivoli, chapelle funéraire de Frédéric Lemot dès 1827.

Le rocher Rousseau (1813)
Un rocher gravé, susceptible d'inciter tout visiteur à la méditation... Dans la plus pure tradition des jardins du XVIIIe !
Allez, je sens que vous mourrez d'envie de savoir ce qu'il y a d'écrit sur ce rocher, de vous plonger ainsi dans une séance de réfléxion quasi-transcendantale...
Limpide rivière o rivière chérie
Puisse la sotte vanité
Ne jamais dédaigner ta rive humble et fleurie
Que ton simple sentier ne soit point frequenté
Par aucuns tourments de la vie
Tels que l'ambition, l'envie
L'avarice et la fausseté
Un bocage si frais, un séjour si tranquille
Aux tendres sentiments doit seul servir d'asile
Ces rameaux amoureux entrelassés exprès
Aux muses, aux amours offrent leur voile épais
Et ce cristal d'une onde pure
A jamais ne doit réfléchir
Que les graces de la nature
Et les images du plaisir
Les "graces de la nature", oui :

