Vauriens, Voleurs, Assassins

Publié le par Thomas

Que tout le monde se rassure, je ne compte pas me lancer dans une harangue stigmatisant telle caste de privilégiés,  tel corps de métier ou je ne sais quel club d'affreux personnages sévissant en ce bas monde !

Il me faut tout simplement vous rendre compte d'un trait sympathique et très court roman écrit par Raymond Hesse et paru pour la première fois en avril 1925, comme nous l'apprend ce remarquable éditeur qu'est Finitude - sis à Bordeaux  - dont j'aurais plus d'une fois l'occasion dans un avenir proche de souligner le travail admirable, tant dans le choix d'auteurs et de textes oubliés et/ou mésestimés que dans la confection de livres façonnés avec talent, originalité (maquette) sur un support papier de qualité propre à faire frétiller mimines et narines.

Que nous compte ce livre plein d'humour de feu Raymond Hesse(1884-1967), magistrat de son état et écrivain bibliophile à ses heures noctures et perdues ? Une situation atypique et utopique, originale pour tout dire !


Imaginez-vous que tous les vauriens, voleurs et assassins que compte notre société, ces classes "dangereuses" pour paraphraser le professeur Louis chevalier, regroupés en syndicat, se mettent tout d'un coup en grève face aux persécutions qui leur sont imposées par les honnêtes gens. Imaginez que tout d'un coup, tout ce qui attise la peur et caractérise la violence ici-bas - viols, vols, crimes - disparaisse. Ce serait tout aussi déstabilisant que la situation inverse, non ? Qu'adviendrait-il alors des magistrats chargés de juger, des policiers sommés d'arrêter, des prêtres habilités à prêcher la bonne parole, des prostitués désormais en rade semant auparavant le vice auprès de vicieux époux s'en retournant presser leurs épouses d'égards inusités jusqu'alors ? Et les assureurs, vigiles et gardiens de prison, c'est le chomâge technique qui leur pendrait au nez ?

Une prose piquante pour un propos qui ne l'est pas moins. Non qu'il faille de tout pour faire un monde, oh non, mais qu'une frange non négligeable de gentils de notre société aient besoin de "méchants" pour fonctionner, la chose est assurée ! Il n'en fallalit pas plus que cette histoire pour le montrer, non sans humour et habileté mêlés.

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Publié dans initialestb

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