Barnavi, brillant et lucide

Publié le par Thomas

Voilà l'impression que l'on retire de la lecture du dernier ouvrage d'Elie Barnavi, Les religions meurtrières.



Elie Barnavi, ambassadeur d'Israël en France de 2000 à 2002 appose un regard aiguisé et pertinent sur cet "opium" auquel on doit prendre garde en ce XXie siècle naissant, plus que garde même, européens que nous sommes, habitants d'une contrée qui a fait sienne la règle immuable de la laïcité, loin, très loin d'être la chose la mieux partagée au monde.

Et l'auteur sait de quoi il parle, au-delà même de sa popre confession et d'une sensibilité qu'il sait reléguer au second plan au profit d'un esprit critique sans complaisance pour chaque culte. Celles et ceux qui ne connaissent pas l'homme, l'historien, doivent savoir qu'il est un spécialiste de la France du XVIe siècle et à ce titre, des "fameuses" guerres de religion ayant ensanglanté notre hexagone il y a déjà plus de quatre siècles.  Sa thèse portait sur la pensée et le actions des extrémistes catholiques  de la Sainte Ligue qui ont déchiré la France des Valois... Temps passés et révolus que ces guerres ? Oh que non !

Qu'est-ce que cet ouvrage sinon un exposé, en neuf thèse, sur ce fondamentalisme religieux, nouvelle forme contemporaine du terrorisme ? Terrorisme "chrétien" hier,  islamiste aujourd'hui. Un terrorisme face auquel il faut se prémunir et contre lequel il s'agit d'agir en réhabilitant autant que faire se peut l'esprit des lumières.

Elie Barnavi nous explique très bien ce qu'il qualifie de fondamentalisme révolutionnaire, avec une argumentation aussi pointue qu'étayée et un rappel historique et culturel fort stimulant sur ce qu'est intraséquement la religion politique. Et l'on comprendra bien vite, au travers d'exemples clairs et précis, que cette tentation fondamentaliste touche de nos jours en premier lieu l'islam.

Ce livre, plus mesuré que le titre ne le laisse présager n'en est pas moins grave sur le fond. Car il s'agit pour l'Occident de réveiller ses consciences face à l'ennemi qui  menace, de défendre ses valeurs, d'intégrer toutes celles et ceux qui se sentent exclus.

Si l'Occident ne le fait pas, les forces obscures s'en chargeront à sa place. Alors, place à l'exigence et au respect d'une ethique sans failles, tournée vers l'avenir !
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Publié dans initialestb

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