Everyone has something to hide...

Publié le par Thomas

Telle est la formule que j'ai pu lire sur l'une des affiches illustrant à merveille un film dont on se demande encore comment il a pu rentrer bredouille du dernier festival de Cannes en date, j'ai nommé A history of violence de David Cronenberg.

Je vous épargnerai la sacro-sainte formule "attention chef-d'oeuvre"  dont se délectent journaux et magazines mais pour qui est amateur de films bien noirs à vous clouer 90 minutes durant à votre canapé, vous n'avez plus qu'à repérer la jaquette reproduite ci-dessus et à filer à votre video-club le plus proche.

Car oui, il s'agit là d'un très bon film, d'une histoire de violence, comme l'indique si justement son titre, mais d'une violence qui ne tombe jamais dans la gratuité ou du moins qui ne laisse jamais cette impression au spectateur, tant chaque giclure d'hémoglobine sert les conventions du thriller ; conventions habillement dépassées/magnifiées par une réalisation sans failles et un jeu d'acteurs éblouissant.

Ou comment un braquage, archétype de la violence soudaine, vire pour un père de famille paisible d'une bourgade non moins paisible à un retour douloureux sur son passé, réminiscence d'une autre vie empreinte elle aussi de violence ; cette violence que l'on cache, que l'on enfuit au fond de soi pour mieux se reconstruire... Jusqu'à ce qu'elle se rappelle à son mauvais souvenir. Car si déjouer un braquaque comme le fait l'acteur principal au début de ce film en appelle à la violence légitime, le statut de sauveur qui en découle peut s'avérer délicat à gérer pour celui qui en a fait usage dans le passé d'une manière beaucoup moins légitime et apparaît comme connu du grand public du jour au lendemain. Apparaître sur le devant de la scène médiatique à ce titre, c'est rappeler auprès de soi et contre sa propre volonté  au "bon" souvenir de quelques "connaissances "que l'on s'était fait violence d'oublier mais qui elles, baignant toujours dans cette violence, vont s'évertuer à vous remémorer ce passé, forcemment engoncé dans un esprit de règlement de comptes.

La violence agit ainsi comme un cercle vicieux : violence d'un braquage, violence de l'exposition médiatique, conséquences pour le moins violentes de cette exposition au sein d'une famille et pour un père qui va devoir prendre à bras le corps sa véritable identité, non sans violence et déchirements.

C'est le message que semble nous délivrer Cronenberg, toute violence, même légitime, est susceptible d'en appeller à la violence, même  à celle terrée dans le passé, celle que l'on ne veut ou peut voir en face mais à laquelle on peut être amené à faire face.

Une grande leçon de cinéma ! 

 

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Publié dans initialestb

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V
Avertissement : ceci est un commentaire totalement inutile et fultil. Mais etant admiratrice du grand, du talentueux, du viril Viggo Mortensen je confirme que sa prestation est excellente mais aussi que le film est tres bon. voila...
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T
Merci, tu me donnes envie de le voir, j'espère trouver le dvd au vidéo club du coin .
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