Un dangereux récidiviste...
... qui, une fois de plus, devrait tourner sept fois sa langue dans sa bouche de ministre d'Etat - en bon ou mauvais ? - avant de s'exprimer sur des dossiers qui d'une part ne sont pas de son ressort - on admirera au passage le silence émouvant du ministre de la Justice dans cette affaire, j'ai nommé Pascal Clément - et à propos desquels il ferait mieux de réfléchir plus en profondeur , lui qui ne cesse de râbacher depuis des mois le même discours idéologique, électoraliste et populiste sur cette justice laxiste dont certains membres et plus particulièrement ceux rattachés au tribunal de Bobigny (93) seraient atteints ; des hommes et des femmes qui ne metteraient pas assez en prison toute cette jeune racaille, seulement en droit d'être karchérisée....
Au vu des propos de l'agité de la place Beauvau, "ministre de la provocation" comme le titre si justement le numéro de Libération de la journée en cours, la dépêche de l'agence reuters possède ce côté "remise des pendules à l'heure" fort bienvenu mais dont je doute qu'il raisonne aux oreilles d'un homme politique aussi imbu de lui-même :
"Un audit administratif datant de 2005 sur le tribunal de Bobigny, cible des critiques de Nicolas Sarkozy, conclut que les magistrats du parquet y effectuent un travail très important malgré une surcharge de travail, et ont de plus en plus recours à la répression contre les mineurs.
La mission de l'Inspection générale des services judiciaires (IGSJ) a dénombré 3.500 dossiers de jugements en souffrance dans ce service et chiffré à neuf mois le délai moyen d'exécution d'une décision.
Cet audit, dont les conclusions sont publiées par le journal Le Monde, révèle que chaque substitut du procureur traite plus de 1.500 dossiers par an, soit deux fois plus qu'à Paris.
A la permanence chargée de traiter les flagrants délits, les deux magistrats traitent chaque jour 84 appels de la police, ce qui représente dix minutes par dossier, précise le document.
La délinquance dite "de voie publique", les atteintes les plus courantes aux biens et aux personnes, représente 70% de l'activité du tribunal, dont l'activité se concentre donc sur la "préoccupation majeure des habitants".
Pourtant, le parquet de Bobigny souffre de sous-effectifs chroniques et de l'inexpérience des magistrats qui lui sont affectés, souligne la mission , rattachée au ministère de la Justice (15 débutants sur 45 magistrats du parquet).
Le parquet des mineurs de Bobigny, particulièrement visé par le ministre de l'Intérieur mercredi, a reçu 10.000 plaintes en 2004, un chiffre record, deux fois celui de Marseille.
La mission note que la réponse est de plus en plus répressive, car les mesures alternatives aux poursuites sont désormais minoritaires dans le traitement des dossiers. "Une réponse pénale est apportée à chaque acte de délinquance", estiment les auditeurs.
Les réquisitions de placement en détention envers les mineurs ont augmenté de 36% entre 2003 et 2004, relève l'IGSJ.
Le fonctionnement du tribunal reste cependant problématique en raison des sous-effectifs dans tous les services, notamment celui de l'exécution des peines. Or, une décision ne peut être mise en oeuvre sans lui."
Sans autres commentaires....