Correspondance

Publié le par Thomas

Certains d'entre vous le savent, j'ai envoyé début août quelques candidatures en librairie, toutes infructueuses à ce jour. J'ai cru bon de rappeler trois desdites librairies pour venir aux nouvelles. On peut dire que je fus reçu assez fraîchement par l'une d'entre elles. Son patron, que j'avais l'air de déranger me lança "bon, je suis à la caisse là et je n'ai pas de poste à vous proposer"....

J'ai pris néanmoins l'initiative de lui demander s'il pouvait m'envoyer un mail en guise de fin de non-recevoir ; histoire aussi de montrer à l'ANPE que je ne passais pas mes journées à faire du tricot, activité fort louable soit dit en passant !

Obtenir l'adresse internet de son magasin dans cette optique, c'était alors un peu  comme si je lui mettais un flingue sur la tempe ou presque.... Mais bon, je l'obtins !

Le soir même, début septembre, j'écrivis le message suivant :

Monsieur,

Suite à notre entretien téléphonique de ce jour, je vous remercie par avance de m'envoyer un mail confirmant la suite négative que vous donnez à ma candidature écrite.

Dans cette attente, veuillez croire, monsieur, en l'assurance de mes sentiments les meilleurs.

Plus d'une semaine après, je n'avais toujours pas reçu de mail de la part de ce cher monsieur... Je fis donc une première relance et pendant que j'y étais, neuf autres histoire de marquer le coup, toujours avec le même message, celui que vous pouvez lire plus haut.

Le miracle se produit alors et je reçus enfin une réponse :

Nous vous avons déjà répondu dans un précédent mail que vous ne semblez pas avoir reçu.
Nous ne pouvons malheureusement donner suite à votre candidature.
Bonne chance pour la suite.

Ce à quoi je répondis : 

Bonsoir,

Je n'avais reçu aucun mail de votre part depuis notre dernière conversation téléphonique. Cette fois, je l'ai ENFIN reçu et je vous en REMERCIE. Ce sera toujours utile en cas de convocation à l'ANPE
......

Et là, je me suis dit, au moment d'achever cette dernière phrase "mon petit bonhomme, il t'a dit non, mais tu tiens là un interlocuteur qui ne t'a pas répondu dans un premier temps et qui ne s'est pas privé par la suite pour te faire tourner en rond et te faire croire qu'il t'avait répondu alors qu'il n'en était rien !" J'ai donc rajouté ce qui suit, histoire de marquer le coup et de dire un peu, et avec diplomatie, de ce que je pense de toute cette crasse indifférence patronale :

Constat plus général :

Lorsque j'appelle certaines librairies pour savoir si elles ont reçu ma candidature et quellle suite elles entendent donner à cette dernière, beaucoup me répondent à ce jour, par l'entremise de leur responsable, que si je n'ai pas reçu de réponse, c'est que ma candidature n'a pas été retenue...

Soit ! Mais il faut bien comprendre que nous vivons à une époque ou les demandeurs d'emploi (appelons-les "chômeurs") sont quelque peu traqués parle sacro-saint couple ANPE-ASSEDIC. Il leur faut en effet démontrer qu'ils mènent une recherche d'emploi aussi active qu'avérée ; bref, fournir des "preuves" de leur démarche. Je sais pour ma part ce que coûte un timbre, combien de candidatures une librairie peut recevoir en une semaine et toute la difficulté (temps + coût) à y répondre par voie postale. Mais voilà, tout figure désormais sur notre CV : adresse, téléphone et surtout e-mail. Pourquoi les libraires ne répondent-ils pas spontanément, par ce biais - gratuit - aux candidatures qui leur parviennent ? Les demandeurs d'emploi ont besoin d'une réponse, même négative, même envoyée par le biais d'internet ; une réponse qu'ils peuvent par la suite imprimer.

Oui, il est parfois "malheureux" de constater que seules les GSS (Fnac,Leclerc, Virgin) répondent de leur plein gré, même lorsque la réponsee est négative, à celles et à ceux qui font acte de candidature auprès d'elles....

Bonne continuation à vous, bonne rentrée littéraire !

Alors, c'est assez amusant, notre ami patron-libraire trouve dès le lendemain le temps de me répondre :

Eh oui. Vous avez raison. Malheureusement, en tant qu'indépendant, nous n'avons pas les structures financières pour employer des gens pour envoyer des courriers de réponses négatives aux demandeurs d'emploi. Notre temps est compté et nous recevons plus d'un cv par jour. Quand il arrive par mail, nous répondons. Sinon, effectivement, nous n'avons pas le temps. Nous vivons dans un monde merveilleux. Nous nous battons pour exister et faire un travail de libraire de qualité. Peut être un jour n'aurez vous que la Fnac et autres grandes enseignes dites culturelles pour répondre à vos courriers. Le monde n'y gagnera peut être pas mais vous aurez des réponses à vos courriers. La bataille n'est pas perdue. D'autres que vous nous soutiennent. Bonne chance tout de même dans vos recherches.

N'écoutant que mon sens de la répartie, titillée sans nul doute par cette réponse quelque peu hautaine et ironique, je m'empresse - c'était aujourd'hui - de lui rendre la pareille :

Je crois que vous vous méprenez gravement sur le sens de mon observation ! Etant passé par l'INFL, ayant moi-même travaillé trois ans dans une "petite" librairie de quartier et n'étant pas non plus né de la dernière pluie, je connais très bien les conditions d'existence - parfois de survie ! - des librairies dites traditionnelles/indépendantes et je ne milite guère en faveur des FNAC et autres GSS !

Simplement, lorsqu'une librairie, même petite, même traditionnelle, même indépendante, reçoit un CV ou figurent toutes les coordonnées de celui ou celle qui fait acte de candidature, la moindre des choses, c'est de lui répondre ! Inutile d'employer une personne dans cette optique et d'envoyer un courrier postal ! Mais... Combien de temps pour envoyer une réponse par mail, le temps d'inclure l'adresse du correspondant, un message automatique et cliquer sur "envoyer" ? Allez, une minute ? Je sais que votre temps est compté mais tout de même, restons sérieux ! Quant à votre adresse internet (qui m'aurait garantie selon vous une réponse automatique), je ne l'ai eue qu'en vous appelant et vous ne me l'avez guère donnée spontanément.... Alors !

Nous vivons dans un monde merveilleux dites-vous. Il le serait encore plus si certains "patrons" faisaient preuve autant d'attention envers les candidatures qu'ils reçoivent que les demandeurs d'emploi manifestent d'espoir en ces dernières quant à leur devenir.

Salutations

La suite de notre échange aigre-doux peut-être pour demain, si ce cher monsieur n'est pas trop pressé par le temps, bien entendu !





 

 

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Publié dans initialestb

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