Douce France (I)
Après quelques légitimes errements d'ordre psycho-physiologiques, j'ai décidé depuis déjà quelques mois de replonger - enfin j'essaye - dans le petit monde de la librairie, un univers impitoyable contrairement à l'idée que s'en fait le commun des mortels. Après plusieurs tentatives d'implantation dans l'ouest hexagonal, toutes restées infructueuses à ce jour, je me résoud à envoyer début août une petite dizaine de candidatures dans l'est parisien, prenant soin - et aussi le risque ? - de demander qu'une réponse soit apportée à ma candidature, par mail (cela coûte moins cher qu'un timbre ou qu'un coup de téléphone ), ce qui serait la preuve, auprès de l'ANPE notamment, d'une recherche d'emploi effective, de la moindre des politesses aussi mais cela, je ne l'ai pas écrit... Enfin, là ou se dirige notre société, certains principes "humanistes" se consument telle la botte de foin au contact d'une allumette !
Nous sommes début septembre et je n'ai reçu aucun mail, aucune lettre, aucun coup de téléphone. Rien de rien ! D'aucuns me rétorqueront que je m'y suis pris trop tard... On ne s'y prend jamais trop tard dans l'intervalle juillet-décembre ! D'autres tenteront de me rassurer en me rappelant que c'est l'été et que ma foi, l'été, tout le monde est en vacances, cela va sans le dire ! Je leur réponderai que la librairie est un commerce si peu viable sur le plan économique que l'intérêt de cette dernière n'est pas de fermer durant l'été, hormis le week-end du 15 août...
Lorsque je lis que le renouvellement générationnel ne s'opère pas dans ce secteur, que l'on manque de gens qualifiés et motivés, je me permets de rire mais de rire jaune ! Et lorsque je me souviens durant ma formation de libraire que l'on médisait de façon à peine voilée les grandes surfaces spécialisées que sont la Fnac, Virgin ou les Espaces culturels Leclerc, je constate aujourd'hui que c'est seulement avec ces dernières que l'on a l'assurance de recevoir une réponse écrite.
La séance d'appels téléphoniques prévue dès demain risque de s'avérer féconde et sympathique. Si seulement il s'agissait d'une rentrée des classes. Je me dirige pour ma part vers une rentrée des claques !