De la caste des grands hommes

Publié le par Thomas

Agrégé d'Histoire à l'âge de 22 ans,

sergent d'infanterie puis chef de section et enfin capitaine, lors du premier conflit mondial, au sein des services de renseignement ; cité quatre fois à l'ordre de l'armée, détenteur de la Croix de guerre,

Fondateur en 1929 de l'école des Annales, avec Lucien Febvre ; école qui révolutionna - sous un angle épistémologique - l'approche de cette discipline pleine d'exigence qu'est l'Histoire ; partisan à titre personnel d'une plus grande pluridisciplinarité et d'un travail collectif chez les historiens,

auteur de La société féodale et de Les rois thaumaturges qui le révèlent comme l'un de nos plus grands médiévistes,

mobilisé à sa demande, en 1939, du haut de ses 53 ans et malgré sa polyarthrite et ses six enfants,

auteur, au lendemain de la campagne de France (1940) de L'Etrange défaite et de l'Apologie pour l'Histoire, témoignage et analyse de l'effondrement de la France pour le premier, manifeste de l'engagement d'un historien de son temps et au service de sa discipline pour le second,

exclu un temps de la fonction publique comme juif par le gouvernement de Vichy en octobre 1940

rallié à la Résistance fin 1942, arrêté le 8 mars 1944, torturé puis fusillé le 16 juin.

Lui, c'est Marc Bloch (1886-1944)

Deux lycées, une promotion de l'ENA, une promotion de Saint-Cyr ainsi que l'université de Strasbourg portent son nom

Il mérite bien, comme le demandent dix-sept de nos historiens (dont Maurice Agulhon, René Rémond, Jacques Le Goff ou encore Michel Winock) de voir ses cendres transférées au Panthéon.

A ce grand homme, la patrie ne peut être que reconnaissante.

« Le satanique ennemi de la véritable histoire : la manie du jugement. »

 

 

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Publié dans initialestb

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