Voix au chapitre
Vous connaissez toutes et tous l'expression "avoir voix au chapitre"...

Le chapitre désigne depuis le Moyen-âge, une assemblée de religieux, au sein d'un monastère ou d'une abbaye. Ceux qui n'avaient pas "voix au chapitre" étaient ces membres de la communauté religieuse privés de participation aux discussions ou de prise de parole lors de cette assemblée ; des novices, des serviteurs la plupart du temps...
Ce rappel historico-sémantique pour nourrir une nouvelle page du chapitre politique dont vous commencez à prendre l'habitude en parcourant ce blog. Un chapitre non exempt de pêchés les plus divers et dont on enverrait bien certains de ses membres expier leurs fautes devant je ne sais quelle autorité, spirituelle ou temporelle !
Vous n'êtes pas sans avoir remarqué que la bataille fait rage entre deux de nos prétendants les plus médiatiques à la présidence : Ségo et Sarko. Deux gourmands qui se sentent obligés de verser dans le démonstratif : bomber le torse pour l'une, jouer le rôle du bon samaritain pour l'autre.
Si miss Royal a raison de sortir de l'angélisme dont fait trop souvent preuve une bonne partie de la gauche en matière de gestion de la délinquance, mettre en avant la militarisation éventuelle de l'éducation pour résoudre ce problème me semble un peu utopique. Un service civil encadré par des pédagogues serait plus adapté. Oui, au lieu de retomber sur ce concept mou et mollason qu'est la prévention a posteriori, mettre en place une véritable pédagogie de l'autorité, dès le plus jeune âge, me paraît plus approprié.
Notre zorro national, ministre de l'Intérieur, a cru bon de taxer d'"incompétents" les propos de sa probable future adversaire.
Le problème, et je doute qu'un garçon si orgueilleux et si imbu de sa personne que ce brave Nicolas s'en rende compte, c'est que s'il y a bien une personne dans ce pays qui ferait mieux de ne pas trop la ramener sur le sujet, c'est bien lui. Un ministre de l'Intérieur sous l'autorité duquel les chiffres de la délinquance sont en augmentation devrait déjà faire la une pour d'autres raisons qu'il ne la fait actuellement.
Un ministre d'Etat qui a mis le feu à nos banlieues en novembre dernier en venant faire de la provocation au sein même des quartiers dont il sous-estime les problème de ghettoïsation avancée et le ressentiment dans les consciences de ceux qui en sont victimes, devrait même faire preuve d'humilité.
Un reportage au journal de la mi-journée faisait état des sommes folles engagées par les assurances, les collectivités, l'Etat (vous et moi en somme) pour régler les factures de toutes ces voitures brûlés, ces magasins incendiés, ces équipements publics sinistrés... Plusieurs centaines de millions d'euros ! Tout cela parce que Zorro est arrivééééé pour jouer les matador qui s'adorent et balancer du "Karcher" et du "racaille" à la sauce Le Pen...
La sauce a pris mais pas dans le sens souhaité. Très piquante, elle a enflammé des quartiers et une économie qui n'en avaient vraiment pas besoin !
J'espère que tout cela sera rappelé en 2007 à notre Rambo à semelles compensées. Sur un sujet qu'il a contribué à rendre brûlant, guère de voix au chapitre du côté de la place Beauvau !