Le Douanier Rousseau
Temps de chien sur Paris cet après-midi. Heureusement, il y a toujours quelque chose à faire si l'idée nous effleure de produire l'effort conséquent... Car, contrairement aux « joies » du petit écran, l'Art ne vient pas à nous d'une simple pression sur le poste de télévision et c'est aussi bien ainsi !
Direction le Grand Palais donc, sous une pluie battante, et visite de l'exposition consacrée au peintre Henri Rousseau, dit « Le douanier Rousseau ».
Pourquoi donc ce surnom me direz vous ? Eh bien parce que l'artiste, au sortir de la guerre de 1870, entra à l'Octroi de Paris comme commis de seconde classe ; un organisme percevant le taxes des marchandises entrant dans Paris...
Je ne vais pas verser dans l'exposé biographique, la "Toile" regorgeant suffisamment de notices en la matière. Il faut tout de même savoir que ce peintre est un parfait autodidacte. Il s'est formé par lui-même et a d'ailleurs débarqué sur le tard dans cet univers, n'exposant pour la première fois qu'à l'âge de 42 ans ! Comme beaucoup de peintres de cette époque, il a attiré les moqueries et les sarcasmes, malgré la bienveillance que lui accorde assez vite Picasso, c'est vous dire les pesanteurs académiques de l'époque !
Pour ma part, je ne connaissais ce peintre qu'au travers des deux ou trois toiles que compte le musée d'Orsay, à Paris ; toiles présentes à cette exposition en compagie d'oeuvres venant de destinations les plus diversees : Tokyo, Prague, Bâle, Los Angeles, etc...
Comment dire ? La peinture d'Henri Roussseau émerveille le regard par l'usage que l'artiste fait des couleurs, le vert en premier lieu ; une couleur qu'il est pourtant difficile de rendre attirante, comparée aux couleurs chaudes que sont le rouge, l'orange ou le jaune.
Quel plaisir de contempler ces toiles où l'artiste sait à merveille représenter la faune et la flore parées toutes deux d'un exotisme enjôleur, presque ludique... Il est vrai que nos mémoires respectives désignent souvent ce peintre comme celui de la jungle. S'il n'a jamais quitté Paris ou presque, Henri Rousseau s'est beaucoup inspiré des expositions universelles de 1889 et de 1900 et de ses nombreuses visites au zoo du jardin des plantes...
Et l'on constate que son sens de l'imagination fait merveille pour représenter une végétation toujours plus luxuriante... Et ces arbres ! Qu'ils présentent un caractère exotique ou qu'ils soient ceux que l'on peut observer à Paris et aux alentours, on ne peut qu'être admiratif du talent qu'a ce peintre pour les représenter, leur conférer cette élégance et cette vivacité...
Mais revenons-en à cette jungle et à ces animaux que le douanier Rousseau prend un malin plaisir à représenter en train de poser ( les singes) ou s'adonner aux nécessités vitales de la chasse, entourés qu'ils sont par cette nature qui les dissimule ( les lions).
Au-delà de ces peintures exotiques qui ont forgé sa renommée tout au long du 20e siècle, le douanier Rousseau est aussi le peintre du "portrait-paysage", celui des êtres qu'il représente souvent dans un cadre urbain, avec ses cheminées, ses ponts, ses usines, ses cours d'eau mais aussi ses jardins au sein desquels s'affairent ou se promènent hommes et femmes. La preuve que dans son esprit, le temps des loisirs importe lui aussi.
Au final, une exposition fort intéressante sur un peintre qui mérite d'être connu ; un artiste dont le parcours atypique et les influences variées valent le coup d'être approndies.
