Escapade
Il commence à faire bien beau, les quelques nuages qui gravitent au-dessus de nos têtes ne sont guère menaçants et les oiseaux s'en donnent à coeur joie pour répéter leurs gammes avant le concert estival...
Alors moi, j'ai voulu prendre l'air bien sûr. Pas sur les bords de Marne, non, ils attendront samedi ou dimanche pour voir débarquer le sportif intermittent et un peu rouillé que je deviens au fil des années. Cet après-midi, j'ai tout simplement pris le RER puis le bus pour me rendre sur Paris.
Le quartier qui a bien sûr ma préfèrence est le quartier latin que je sillonne depuis une bonne dizaine d'années maintenant. J'ai eu aujourd'hui le plaisir de constater que la Sorbonne n'était plus barricadée et que nos gentils CRS se faisaient plus discrets.
Comme à chaque virée sur Panam, le titi parigot que je suis se rend chez Gibert Joseph, temple du livre d'occasion. Et comme il faut toujours que j'en ressorte les mains plus ou moins pleines, je n'ai pu m'empêcher d'acheter deux ouvrages, deux romans.
Le premier SchrummSchrumm ou l'excursion dominicale aux sables mouvants est l'oeuvre d'un écrivain oublié, Fernand Combet, mort en 2003. J'ai une affection et une attention toute particulière pour les écrivains méconnus et oubliés, dont certains sont encore de ce monde. Ce blog fera sans nul la part belle à cet attrait-là. Mais revenons-en à ce livre au titre aussi mystétrieux qu'original. Au vu de l'engouement critique qui avait accompagné sa sortie chez feu l'éditeur Jean-Jacques Pauvert ( l'éditeur est mort pas l'homme, que l'on se rassure !) en 1966 - éditeur qui tenait ce titre comme le meilleur de son catalogue, soit dit en passant - on ne peut qu'être poussé à se plonger dedans. Avant même de le lire et de vous livrer prochainement mes impressions, je livre pour exemple la sentence sans doute avisée d'un certain Georges Anex, officiant à l'époque au Journal de Genève :
"Fernand Combet détruit l'humour même, il construit une parfaite machine mystifiante dont l'agencement précis, infiniment arbitraire, avec ses simplifications ou ses curieux ornements, paraît correspondre en tous points à notre Folie et à notre Sagesse"
Avouez qu'un tel avis (niché sur la quatrième de couverture parmi d'autres tout aussi laudateurs) ne peut laisser indifférent !
Le second livre que j'ai acheté est l'oeuvre quant à lui d'un trentenaire britannique Les pirates ! Dans une aventure avec les savants... Un roman burlesque au premier abord, rattaché comme son titre l'indique au thème de la piraterie. Bref, je suis parti pour rire aux éclats, c'est à voir !
Second pêché mignon : le film noir dont deux "spécimens" vont rejoindre ma collection. Le premier La maison de bambou a été réalisé par Samuel Fuller en 1955...
Petit aperçu scénaristique :
Au Japon, au pied du mont Fuji, un homme est tué lors de l'attaque d'un train de munitions. Eddie Spanier, un Américain fraîchement débarqué, décide de mener sa propre enquête en essayant de survivre, tant bien que mal, dans les bas-fonds de la ville. Brutal et infatigable, il fait tour à tour la rencontre de la sublime Mariko puis de Sandy Dawson, un homme à la personnalité ambiguë et à la tête d'une organisation secrète...
On en frémit d'avance !
Quand au second, le quatrième homme, de Phil Karlson, il semble plus classique sur le fond de l'intrigue, mais tout aussi emballant :
Joe Rolfe, un ancien détenu, est arrêté pour l'attaque d'un camion blindé ou 4 gangsters masqués ont dérobé 1,2 M de dollars en petites coupures. Après avoir subi un interrogatoire musclé orchestré par la police, il ressort blacnhi. Mais Joe n'en reste pas là pour autant et avec l'aide de complices mafieux, il retrouve la trace d'un des braqueurs et usurpe son identité sans éveiller le moindre soupçon.
Conclusion de la journée : il faut bien se faire plaisir de temps autre... :-)