Le Grand Silence
Ce western de Sergio Corbucci était au programme jeudi soir dernier sur Arte. Un western spaghetti... Sans Leone aux commandes ! On s'imagine bien souvent que ce genre là se résume à ce seul - grand - cinéaste. Eh bien non, d'autres ont suivi ses traces comme ce fameux Corbucci !
Bon, nous ne sommes pas vraiment perdus dans le cas qui nous intéresse ici puisque le brave Morricone se trouve être aux commandes pour la musique. Force est d'ailleurs de constater que l'on reconnaît bien vite la patte du maestro !
Mais ce qui est amusant dans ce film, c'est tout d'abord l'ambiance qui s'en dégage : le décor en premier lieu, enneigé, ce qui n'est pas commun pour un western ! L'histoire est assez basique en elle-même, usitée même pour un western : des chasseurs de primes agissent, se croisent et se toisent... Et lorsque l'un - Klaus Kinski, quelle gueule d'acteur ! - devient la cible d'un autre - Jean-Louis Trintignant, eh oui ! - chargé de l'éliminer par la veuve de celui qu'il a tué - je ne sais pas si vous me suivez ! - cela ne peut faire que des étincelles ! Encore une originalité qui donne du cachet à ce moment de cinéma : Trintignant joue le rôle de Silence. Silence car silencieux, silencieux parce que muet... Déjà que les chasseurs de prime manient habituellement à merveille l'économie de leur salive (cf Lee Van cleef et Clint Eastwood pour rester dans le genre du spaghetti), on se contente ici de scruter les faits et gestes de notre héros, à défaut de paroles qui feraient mouche ! Mais ce n'est pas plus mal, cela ne fait qu'aiguiser notre attention pour ce western au final quelque peu déconcertant !