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Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /Nov /2008 23:26
Comme vous l'aurez sans doute remarqué, ce blog, déjà en perte de vitesse ces derniers mois, est aux abonnés absents depuis déjà quelques semaines. Je dois bien avouer avoir perdu un peu l'envie ces derniers temps, la motivation dirais-je car l'inspiration, elle, ne m'a jamais vraiment quitté.

Ce ne sont pas les sujets qui manquent, ni même les lectures ; au-delà même de notre agité du bocal élyséen, qui, crise financière ou pas, a depuis bien longtemps perdu tout crédit à mes yeux, si tenté qu'il en fut pourvu aux prémisses de son omnipotent et dévastateur règne...

Mais voilà, la fatigue, les soucis font que le flambeau sera repris ou ne le sera pas, demain, après-demain ou à la saint Glinglin !

Et merci aux 3-4 fidèles qui continuent à venir en pélerinage quotidien sur ce support à l'abandon !
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Mardi 9 septembre 2008 2 09 /09 /Sep /2008 23:14
La famille B... compte depuis peu un nouveau pensionnaire. Non, ne rêvez pas, la petite fripouille en noir et blanc que vous avez pris soin d'observer sur ces quelques photos n'a pas élu domicile dans l'appartement familial, véto paternel tenace oblige !

Domino, puisque tel est son petit nom, est  probablement né aux alentours de la mi-juin d'une chatte toute noir et d'un chat tout blanc. Il est donc, soyons poétes l'espace de quelques instants, le fruit de l'amour - pour ne pas dire des chaleurs d'un début d'été ! - et du métissage nantais, oh yé !

Domino vient donc tout droit, vous l'aurez donc déduit, de Loire Atlantique, convoyé par mes soins et ceux de la SNCF pour la modique somme de 5,10 euros. Car oui, même les peluches d'un kilo tout trempé ont droit à leur billet !

Arrivé sur Paris, il a été remis en mains on ne peut plus propres à sa nouvelle maîtresse, ma très chère soeur....



"Bibi" découvre le monde...


Déjà la posture "Luxe, calme et volupté" de tout bon chat domestique qui se respecte...


De très beaux yeux verts et un tempérament du feu de Dieu !


Avant d'avoir trouvé sa maîtresse, Domino avait déjà trouvé son maître. Nous sortons là d'une petite séance de catch sous la couette.....

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Dimanche 7 septembre 2008 7 07 /09 /Sep /2008 12:32
Petite virée du côté de Nantes en cette dernière semaine du mois d'août, histoire de prendre un bon bol d'air breton - les bolées de cidre allant de pair - avant la rentrée, déjà bien entamée au moment où j'écris ces quelques lignes.

Première étape, le 25 août, du côté du Croisic, à l'extrémité nord-ouest du département de Loire-Atlantique ; ou, si des géographes tatillons me lisent,  à l'extrémité occidentale de la presqu'ïle guérandaise. Le Croisic est réputé aujourd'hui pour être le premier port de France pour la pêche à la crevette rose.


Cité d'origine très ancienne - dès le Ve siècle, les marins y séjournent sans déplaisir -  le Croisic a conservé tout son charme de petit port de pêche. On s'y promène dans le calme et sans la foule, avec ses bateaux et des maisons d'armateurs en ligne de mire.


L'église Notre Dame de Pitié trône de sa superbe en centre-ville. Elle date de la fin du XVe siècle-début du XVIe siècle. Elle de style gothique flamboyant, construite en granit comme beaucoup de ses consoeurs bretonnes



Pas de doute, nous sommes bien en terre maritime avec ce bateau, ex-voto offert au XIXe siècle par des pêcheurs ayant échappé au pire.




Au détour des ruelles intérieures, quelques détails attirent le regard et l'objectif...


Changement de décor - même si celle-ci ressemble fortement de l'extérieur à la précédente - avec l'église Saint Guénolé de Batz-sur-Mer dont la tour s'élève à 70 mètres au-dessus du niveau de la mer


Le trésor de l'église, Notre Dame du Précieux Sang, statue en bois polychrome présentant toutes les caractéristiques du style hispano-flamand des XVIe et XVIIe siècles.



Il n'est jamais inutile lorsque l'on visite une église de lever un peu la tête, histoire de découvrir quelques détails détonnants, notamment au niveau des clefs de voûte : une tête de mort ci-dessus, un cochon jouant du biniou ci-dessous...




En continuant le long de la côte, arrêt instructif et ludique au Grand Blockaus, sur la commune du Pouliguen. Comme son nom l'indique, il s'agit d'un abri bétonné dont se sont servis les allemands lors du second conflit mondial. Il est intéressant - pour l'annecdote -  de souligner que ces derniers avaient peint des fenêtres factices - comme sur la photo - et construit un toit en bois afin de le faire passer cette construction pour une villa balnéaire et donc le camoufler aux yeux de l'ennemi.

A l'abandon durant de nombreuses années, ce  blockaus a entièrement été rénové par deux passionnés - les frères Brauer -  il y a de cela une dizaine d'années. Il est aujourd'hui transformé en un superbe musée, riche en reconstitutions plus vraies que natures, fort d'une impresionnante collection d'objets, armes et habits couvrant cette période.

La visite vaut vraiment le détour, d'autant que le maître de lieux, fort courtois, s'enquiert de votre avis sur l'endroit qu'il a contribué à faire renaître. Et pour vous mettre l'eau à la bouche, pour en savoir plus, n'hésitez pas à faire un tour sur le très beau et très bon site consacré au monument :

http://www.grand-blockhaus.com/index.asp



A 28 mètres au dessus du niveau de la mer, la dernière visière, avec sa vue à 360 degrés sur tout ce qui peut se tramer aux entournures...



Zoom sur une des nombreuses reconstitutions. Le blockaus était bien gardé !
Le 27 juillet, promenade du côté d'Ancenis, l'une des trois sous-préfectures du "44" avec Saint-Nazaire et Chateaubriant. Plus petite que ces deux dernières avec "seulement" 7000 habitants.


Ancenis, c'est tout d'abord un chateau, XVe-XVIIe, partiellement ruiné et désaffecté et qui donc ne se visite pas. En faire le tour par son jardin permet déjà de s'en faire une idée...


Et de croiser une salamandre... Eh oui, dans tout chateau de la Loire, d'est en ouest, ce bon François 1er n'est jamais bien loin !


La Loire, justement. Prise de vue classique et typique du plus long des fleuves de France


Non loin d'Ancenis, détour par Oudon - je vous ai pourtant dit non loin d'Ancenis ! - avec sa tour, symbole de la ville, vestige d'un chateau datant du Xie siècle


La promenade se prolonge au Cellier, petite commune connue pour abriter sur son cadastre le chateau de Clermont, construit entre 1643 et 1649, de style Louis XIII ; chateau lui-même connu pour avoir été la dernière demeure de Louis de Funès, entre 1967 et 1983.


Enterré non loin, avec son ancienne demeure en vue, l'acteur comique de mes, de NOS jeunes années. Difficile, à une époque,  de louper une énième rediffusion du Corniaud, de la Grande Vadrouille, de Rabbi Jacob ou encore de la Folie des grandeurs  !


Le 28 août, envie de nature, d'une partie de campagne en pleine verdure. Direction le canal de la Martinière. Il a vu le jour en 1892 après 10 ans de travaux dantesques afin d'être utilisé comme voie de dérivation, la Loire  étant difficilement navigable à cause de l'ensablement de son lit.

Aujourd'hui, on n'y navigue plus guère. Pêche et balades au programme. Avouez que le cadre est bucolique !




Le 29 août, copie conforme du 28 côté soleil. Mais cette fois, direction l'azur de la côte vendéenne et visite des Sables d'Olonne, principale ville de la côte de Lumière. Et la lumière, les Sables n'en manquaient guère ce jour là !

Très agréable cité ; certes pourvue d'un bord de mer "gentiment" bétonné, avec le bling-bling qui sied aux localités de ce genre.


Mais dont on peut encore admirer le port historique, de l'autre côté du front de mer :


Sans compter que le centre historique a conservé un certain cachet...


L'Eglise Notre-Dame de bon port dont la construction débuta en 1646, sur ordre de Richelieu. Difficile de la prendre en photo mais notez tout de même que son architecture est un des rares exemples en France inspiré par la Contre-Réforme.


Les Halles centrales, ancien pavillon de style Baltard. Point de Star Ac' en vue, ouf !

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Dimanche 17 août 2008 7 17 /08 /Août /2008 22:14
La chapelle du rosaire dite chapelle Matisse a l'air de rien, il est vrai. Et son architecture, simple, se remarque à peine, je ne vous le fais pas dire, même à 10 mètres, c'est vous dire ! S'il n'y avait pas cette immense croix en fer forgé qui l'achève à la verticale, on passerait presque devant sans ciller. Mais voilà, cette petite chapelle qui ne paye pas de mine cache bien son jeu, autant vous le dire ! Sa pré-histoire est délicieuse de simplicité et de confiance de par l'amitié que celle-ci porte en germe. Son histoire, "l'oeuvre de toute une existence", le "résumé de toute sa vie active" selon les termes de son inspirateur et concepteur, Henri Matisse,  vaut bien que l'on s'y attarde quelques instants

Vous aurez par là deviné que tout amateur d'art, tant soit peu nourri d'un minimum de curiosité se doit de faire le "pélerinage" et découvrir par là même cet édifice érigé de 1949 à 1951 pour le couvent des dominicains.

La "pré-histoire" donc, pour commencer. C'est en grande partie de l'amitié entre Henri Matisse et Monique Bourgeois qu'est née cette chapelle, sa décoration tout du moins ; car il ne faut pas oublier non plus le maître d'oeuvre du bâti, à savoir  l'architecte Auguste Perret (1874-1954), maître du béton armé !

Matisse, qui rencontrait déjà quelques problèmes de santé dans l'entre-deux-guerres, était venu se soigner du côté de Vence. Le créateur de "La Danse", plus facétieux qu'il n'y paraît sollicita l'aide d'une "jeune et jolie infirmière" pour l'y aider... Miss Bourgeois, 21 ans au compteur, plutôt amatrice d'art, décrocha le poste et noua au fil du temps un relation solide de confidente et de modèle.

Mais voilà, la guerre vint les séparer. Si au lendemain de cette dernière,  Matisse était toujours Matisse, Miss Bougeois se faisait désormais appeler soeur Jacques-Marie, dominicaine de son - nouvel - état. Cela ne l'empêcha néanmoins pas de se rappeler au bon souvenir de son illustre tuteur et c'est ainsi que naquit l'idée de construire une chapelle pour le couvent, soeur Jacques Marie jouant les intermédiaires avec sa communauté. Pour Matisse, toujours plus près du seigneur au fil des années post-seconde guerre mondiale, il y avait là une occasion de parachever en toute quiétude, en toute liberté une oeuvre déjà bien dense qui l'amenait de plus en plus avec l'âge vers le dépouillement.

L'artiste, s'il ne participa guère à son inauguration du fait de sa maladie, eut néanmoins l'occasion d'écrire :

« Je n'ai pas cherché la beauté, j'ai cherché la vérité. Je vous présente en toute humilité la chapelle du Rosaire des dominicaines de Vence… Cette œuvre m'a demandé quatre années d'un travail exclusif et assidu. Elle est le résultat de toute la vie active… Je la considère, malgré toutes ses imperfections, comme un chef-d'œuvre ».






Comme toute oeuvre avant-gardiste, la décoration de cette Chapelle défraya un peu la chronique en son temps... Pas de quoi troubler la tranquille bonhomie de son créateur....


Intermède...

Les photos proscrites ? Le Toto n'eut aucune hésitation à braver l'interdit. Une règle simple à mon esprit depuis que j'ai pris goût aux visites : toute maison du seigneur est libre de droits,  donc de photos ; ce qui ne m'a pas empêché d'acheter deux cartes postales du lieu-dit à une soeur dominicaine dont le regard frétillait à chaque sortie de monnaie sonnante et trébuchante. La marchandisation des lieux saints à des limites que le coût  de l'entrée devrait selon moi couvrir, interdictions photographiques comprises, mais enfin... Revenons-en à ce qui nous intéresse ici.

La chapelle  comporte deux nefs convergentes, l'une pour les religieuses - l'autel que vous observez est légèrement orienté vers celle-ci - et l'autre pour les laïcs, d'où je prends ce premier cliché.

Vous pouvez observer  ici les vitraux au teintes jaunes, vertes et bleues qui s'inspirent de motifs végétaux. On y voit le cactus, dont la résistance s'avère être un écho pertinent au chemin de croix, placé de l'autre côté.

.

Sur un fond de céramique blanche apparaissent trois dessins du maître :


Saint Dominique, fondateur de l'ordre des dominicains. Une représentation très dépouillée - comme tout ce qui couvre les murs de cette chapelle - puisque Saint Dominique est traditionellement representé muni d'une croix, d'un livre et d'un globe terrestre. Matisse résolut l'équation à sa façon : un visage vierge de toute expression, un livre avec une croix en minuscule.



Le chemin de croix et ses quatorze stations :
Jésus devant Pilate ; Jésus portant la croix ; Jésus tombe pour la première fois ; Jésus rencontre sa mère ; Simon de Cyrène aide Jésus ; le voile de Véronique ; Jésus tombe pour la deuxième fois ; Jésus rencontre les Saintes Femmes ; Jésus tombe pour la troisième fois ; Jésus est dépouillé de ses vêtements ; Jésus est cloué sur la croix ; Jésus meurt sur la croix ; Jésus
est déposé de la croix ; Jésus est mis au tombeau.


Alors oui, d'aucuns pourraient se dire que cela n'est pas bien beau, pas esthétique pour un sou, que Matisse est décidemment bien à la peine à ce stade de son existence. Que la couleur, si représentative de l'art chez cet artiste, s'est faite la malle en cours de route. Mais voilà, tous au piquet  !  Car, dès 1951, Matisse a souhaité mettre les choses au point en précisant, grosso modo, qu'il n'avait en rien cherché à peindre en architecte du beau mais avec le seul souci de représenter en toute humilité une réalité, celle de la souffrance du Christ, avec ce tragique contraste entre le noir et le blanc, la vie et la mort.




La vierge et l'enfant



Une affiche éditée à l'occasion du cinquantenaire de la chapelle, avec qui vous imaginez au centre de l'attention....

Et pour finir, cet échange entre Matisse et Picasso, dont on connaît les liens, relationnels et picturaux, bien mis en avant il y a quelques années lors d'une exposition au Grand Palais :

« Mais pourquoi faites-vous ces choses-là ? Je serais d'accord si vous étiez croyant. Dans le cas contraire, je pense que vous n'en avez moralement pas le droit » (Picasso à Matisse, à propos de la Chapelle du Rosaire)

.« Je lui ai dit, à Picasso : « Oui, je fais ma prière, et vous aussi, et vous le savez très bien : quand tout va mal, nous nous jetons dans la prière, pour retrouver le climat de notre première communion. Et vous le faites, vous aussi ».Il n'a pas dit non.

« Au fond, Picasso, il ne faut pas que nous fassions les malins. Vous êtes comme moi : ce que nous cherchons tous à retrouver en art, c'est le climat de notre première communion ». (Réponse de Matisse à Picasso)

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Dimanche 17 août 2008 7 17 /08 /Août /2008 14:50
Entre mers et montagnes, aux pieds de celles-ci, apparaît Vence. C'est peu de dire que cette ville a du charme, à l'image d'autres cités de l'arrière pays grassois. Mais c'est vers Vence - à ne pas confondre avec Saint Paul de Vence - que l'on se dirige gentiment mais assurément ; comme en leur temps Dubuffet, Matisse, Chagall ou encore Dufy ; ceci pour dire que le chemin était presque tracé à l'avance et que le détour n'eut rien d'une épreuve de force.

Rien qu'à la contempler, avec le recul, c'est tout de suite se mettre à la saisir avec l'objectif, en plein soleil, le clocher de la cathédrale la surplombant de sa superbe.


Les ruelles pavées et les façades de pierre apportent dès les premiers pas une impression d'équilibre des formes et d'harmonie de couleurs ; impression somme toute très provençale à cette échelle.







La Cathédrale de la Nativité-de-Marie de Vence, avec ce clocher repérable à des kms...


La fontaine du Peyra


Sur le fronton d'une illustre bâtisse, l'emblème de la ville. Je laisse les latinistes exercer leur talent...


La chapelle des pénitents blancs, avec son clocheton à l'italienne et son dôme recouvert de mosaïques ; une église un peu d'ici et d'ailleurs en somme...



Chagall, puisqu'il était question de lui à l'instant, a laissé à l'intérieur même de la cathédrale l'esquisse de cette peinture en mosaïques. Située au-dessus du baptistère, elle relate l'épisode de Moïse sauvé des eaux (Exode 2,1-10), dans le dessein d'exprimer la joie du baptême.


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Jeudi 14 août 2008 4 14 /08 /Août /2008 21:27
Cannes...Encore une ville dont je ne conserve aucun souvenir mais qui, sans doute parce qu'elle revient  chaque moi de mai, tel un marronnier, sur le devant de l'actualité, ne m'est pas étrangère.

Sachant à peu près à quoi m'attendre, je n'ai guère voulu lui donner la priorité dans mon programme de visites et bien m'en a pris ; car, il faut bien vous l'avouer, et à quelques impressions près, Cannes ne présente que peu, très peu d'intérêt.  Elle est à même de titiller en moi un agacement qui ne revêt même pas pas l'amusement que j'avais pu éprouver lors de mon passage à Monaco, en 2006. Et puis le Toto, pas le genre à être impressionné devant la débauche d'argent, le summum du m'as-tu-vu, l'accumulation de marques. L'oeil  caustique, le regard saccarstique et en avant les gambettes !

Point positif : c'était un dimanche, les places de parking étaient gratuites et nous avons eu la chance d'en trouver  une sur le port.



La Croisette  vue des hauteurs du vieux Cannes : son hôtel de ville au premier plan, ses fastueux hôtels tout du long, ses magasins de luxe où des touristes du Golfe Persique viennent dépenser leur rentes pétrolifères ; les nouveaux riches russes, bien présents, profitant quant à eux de mannes ausi généreuses qu'obscures octroyées par les privatisations post-soviétiques.

J'allais oublier les plages privées, véritable scandale local. Au tout début  de la baie, sans doute à proximité de l'endroit où se déversent certains reflux que je n'ose nommer se trouve la seule et unique plage publique, trente mètres de large à tout casser. Pour le reste, c'est la carte visa gold qui se met à chauffer, le transat à l'horizontale et le soleil au diapason.




Un vieux grément qui cache un peu la forêt envahissante des yachts. En des temps un peu obscurs, on se rendait au zoo pour observer en situation des tribus venues d'Afrique ou de je ne sais quelle contrée. Notre époque veut que certains se massent devant les embarcadères de Cannes (mais aussi d'Antibes, de Saint Trop' ou de Monaco) pour scruter ces bonnes gens devisant à l'arrière de leurs embarcation pour millionnaires, la coupe de champagne à la main. Aucune aigreur dans ce constat mais disons le tout de go : ce genre de représentation dans ce genre de ville est si prévisible qu'il en devient lassant.


Une vue du vieux Cannes, la partie la plus ancienne de la ville, du temps où celle-ci ne comptait qu'un bon millier d'habitants. C'est à ce moment  et seulement à ce moment que j'ai pu me dire que nous n'avions pas eu tort de faire une halte ici-même.



La rue du Suquet, artère principale du quartier, envahie aujoud'hui par les restaurants. Pour le coup, je me montrerais ici un peu moins sèvère. Si on peut regretter de ne trouver rien d'autre sur cette artère, loin de moi l'idée de qualifier toutes ces échoppes de mangeoires à touristes. De plus, vu l'endoit et l'inflation galopante des derniers mois, les tarifs m'ont  paru plutôt raisonnables -  menus autour de 27 euros ; entrée, plat et dessert - avec des intitulés on ne peut plus  alléchants. Après, point de test au programme, nous nous sommes contentés de déguster tout cela du regard.


Rue Panisse... Eh oué !


L'église Notre-Dame de l'Espérance, de style roman provençal, avec laurier rose ou ciel bleu, au choix...


Fresque murale représentant en trompe-l'oeil quelques-unes des grandes figures de l'histoire du cinéma : Chaplin, Marylin, Buster Keaton et j'en passe.... Ceci pour ne pas oublier que Cannes demeure une haute place du 7ème art...


..... Avec ses célèbres marches !


Tout est bon pour se faire remarquer, je vous avais prévenu !


Hôtel Carlton. Outre le faste du palace quatre étoiles, on peut observer ici le style Belle Epoque d'un édifice érigé en 1912 et classé monument historique depuis 1989.

On n'y dort pas à moins de 705 euros, prix de base que l'on nomme ici et en toute pudeur "chambre classique"...


L'appartement "grand luxe"  - 2 chambres et  1 salon séparé - est bien évidemment possible : 5465 euros l'oreiller, c'est donné.


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Dimanche 10 août 2008 7 10 /08 /Août /2008 18:44
Non, rassurez-vous, je ne débuterai pas cet article pas un jeu de mot facile... Quoique....

Grasse, oui Grasse.... Par quelle grâce m'y suis-je rendu ?  ça y est, c'est plus fort que moi ! Et cette ville que tu as parcourue en ce 20 juillet, est-elle touchée par la grâce - là, tu touches le fond mon Toto - de je ne sais quelle disposition divine ?

Rien de tout ce surmenage un peu vaseux, il faut bien l'avouer. Se rendre à Grasse, c'est d'abord se rendre compte que la cité des parfumeurs se présente un peu comme une ville à la sud-africaine - si j'avais dis à l'américaine, je n'aurais pas eu totalement faux non plus - avec un vieux centre qui, outre son âge, révèle son ancienneté au travers de ses immeubles pour la plupart décrépis, sales et mal entretenus. Là ou ladite ancienneté pourrait revêtir un charme certain, on en vient à se dire en parcourant les ruelles du centre historique que tout un pan de l'architecture originelle est un peu laissée à l'abandon et à l'usure du temps ; d'autant plus laissée à l'abandon - ceci explique un peu cela - que ces habitations sont occupées par une population en grande partie d'origine immigrée ; les plus aisés s'installant aux entournures de l'agglomération. Si la municipalité a produit quelques efforts ces dernières années, ceux-ci se révèlent très parcimonieux et limités aux artères les plus commerçantes. Il y a du mignon tout plein et du pas beau du tout pour vous résumer l'affaire.

Vous l'avez donc compris, Grasse m'a laissé une impression un peu mitigée en matière d'harmonie urbanistique, moins gracieuse que je ne l'espérais. Il n'en reste pas pas moins que la ville, si elle manque un peu de grâce - c'est la dernière, promis, juré, j'arrête ! - ne manque pas de charme : une ambiance populaire, un côté ville du sud qui se laisse apprivoiser sans l'habituelle cohue touristique, quelques monuments qui valent le coup d'oeil et puis, cette impression d'être rapidement mis au parfum...Hohoho !




De loin, la vue du vieux centre de Grasse que domine la cathédrale est plutôt engageante. Bien dans la veine de certaines villes du coin dominant en toute majesté leurs vallées...




Et justement, cette cathédrale, la voilà : Notre-Dame-du-Puy de Grasse ouverte de telle à telle heure jusqu'au 17 juillet et après.... Ben après, on ne sait pas, aucune annonce, c'est démerdez-vous les touristes, merci monsieur le curé ! Vous aurez compris par là que l'édifice était fermé... et le coup de gueule justifié. D'autant plus justifié qu'à l'intérieur, trois Rubens et un Fragonard n'attendaient que nous... Grrr !





Le côté charmant - et non obscur - de la Grasse avec cette sympathique ruelle



Comme tout centre historique un peu vêtuste, celui de Grasse attire de nombrux chats...


Vous dire de quelle bête il s'agit là....Euh...


Une statue de Jean-René Fragonard, peintre dont on peut admirer plusieurs toiles ici-même



Un parfumeur dans l'accoutrement qui était le sien au XVIIe siècle


Car oui, à moins d'être aveugle et d'avoir l'odorat en congés pour des raisons diverses et variées, nul ne peut ignorer que Grasse est la capitale française du parfum, avec plusieurs grandes maisons - notamment Fragonard dont vous voyez ci-dessous une vue des ateliers - se tirant la bourre pour attirer le chaland jusqu'à leurs espaces commerciaux respectifs. Autant vous dire qu'à ce moment, il faut avoir le nez bien accroché pour résister au déluge d'effluves et de senteurs envahissant vos narines.... Séphora puissance dix !






  Gentillette place dont j'ai un peu oublié le nom, cela me reviendra !


Bon, je vous parlais plus haut de logements un peu vêtustes. Il n'empêche que certains se démènent pour réhabiliter tout cela... jusqu'à habiller leurs échaffaudages d'oeuvres pour le moins "kitchisantes" !




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Dimanche 10 août 2008 7 10 /08 /Août /2008 17:36
A 5 kms à l'est de Fréjus...


Oui, je suis d'accord avec vous, elle ne paye pas de mine cette petite église.Telle était d'ailleurs ma première impression à sa vue,  enfin dégagée des pins qui la dissimulent des routes et chemins environnants ; la chapelle Notre Dame de Jérusalem, puisqu'il s'agit d'elle, est plus connue des exégètes locaux sous le nom de chapelle Cocteau. C'est d'ailleurs à ce dernier qu'elle doit sa renommée, son intérêt, sa splendeur. Un petit édifice dont l'accès s'offre à tous au bout d'un chemin de caillasse parcouru à pieds et pour ce qui nous concerne, sous le cagnard de juillet.

La chapelle Cocteau était, ceci explique sans doute ses modestes dimensions, appelée à devenir la chapelle privée des habitants du quartier de la Tour de Mare ; quartier destiné selon les désirs de son initiateur - Jean Martinon, banquier de son état - à abriter une population d'artistes. Projet communautariste, bien dans la veine de cette époque matinée d'idéal et d'utopie - nous sommes au début des années 60 - qui ne survécut  toutefois pas au trépas de son riche mécène. Ce bon monsier Martinon avait eu nénamoins la bonne idée, avant de rejoindre les étoiles, de faire appel à Jean Cocteau pour, aidé de l'architecte Jean Triquenot, conçevoir les plans et la décoration de la chapelle.


Mais le poète n'eut pas bien longtemps le loisir d'impréger l'édifice de sa présence puisqu'il le laissa inachevé à sa mort, en 1963. Qu'importe, l'esprit avait eu le temps de faire son oeuvre et l'un de ses fils spirituels, Edouard Dermit, n'eut plus, d'après les cartons préparatoires laissés par le maestro,  qu'à exécuter la décoration intérieure, pendant que le céramiste Roger Pelissier s'attahe à réaliser le revêtement du sol de la chapelle.

Alors oui, de loin, à 20 mètres, on a comme un petit accès de déception... Mais plus l'on se rapproche et plus l'on se dit que l'on ne va pas rater ce petit détour...

Et l'on commence par un aperçu exhaustif des mosaïques du maître ornant le déambulatoire extérieur - l'édifice est de forme octogonale - où vous reconnaîtrez une scène de l'Annonciation...










La chapelle est équipée de trois sublimes portes pourvues chacune de vitraux sur la quasi totalité de leur surface...






L'éveil du regard se poursuit à l'intérieur de la chapelle avec un mélange des genres et des thèmes, un côté kitsh et facétieux ou se mélangent, en symbiose avec la nature environnante, des touches symboliques et mystiques bien à l'image du sieur Cocteau...


Dès l'entrée, le thème des croisades nous saute aux yeux avec ce sol en céramique qui laisse apparaître cette croix potencée, symbole des croisés, ceux de l'ordre des Chevaliers  du Saint Sépulcre, et leur devise...



Les fresques intérieures illustrent en grande partie, outre ce thème des croisades, celui de la passion du Christ

Cocteau n'hésitant d'ailleurs pas à mélanger les genres et les époques, les traditions et les mythologies avec notamment cette représentation  du Christ pointant du doigt un scarabée, symbole de la civilisation égyptienne....



Scène connue que la Cène avec Jésus entouré de ses apôtres, un bon verre de Côte de Provence sous le coude


Au visiteur de reconnaître Jean Cocteau qui n'a pas hésité, en toute modestie, à se représenter parmi lesdits apôtres et à convier son ami Jean Marais à la fête !


La crucifixtion



Zen attitude, ever...


Présentation plus énigmatique de grands sages psalmodiant on ne sait trop quoi...


Cet ange n'a pas l'air mal à l'aise dans cette galerie de figures imposées réinterprétées en toute liberté !

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Lundi 4 août 2008 1 04 /08 /Août /2008 16:58
Encore une ville où mes parents m'ont certainement enmené plus jeune mais dont le souvenir, enfoui au plus profond, ne demandait qu'à être ravivé. Fréjus, puisque tel est son nom, méritait bien un petit détour, d'autant que la ville, du moins son centre historique, revêt un petit charme somme toute reposant - eh oui, cela existe sur la côte d'Azur ! - doublé d'un intérêt indéniable si l'on considère ses origines gallo-romaines et les vestiges qui vont de pair, j'y reviendrai.


Vue de la cathédrâle Saint-Léonce, avec son clocher datant du XIIIe siècle.


La très belle porte d'entrée de la cathédrâle, cachée au public en dehors des visites guidées, présente huit  panneaux sculptés illustrant des scènes de la vie de la Vierge ainsi que des images de Pierre et Paul. Vous pouvez observer ici une représentation relativement rare figurant le mariage de Joseph avec Marie.



Le cloître roman - XIIe siècle - possède cette sympathique particularité de possèder au niveau de ses galeries des plafonds en menuiseries du XIVe siècle, avec de jolies arcades retombant sur des colonnettes doubles. Elles sont peintes et décorées de personnages, d'animaux, et un bestiaire fantastique à travers plus de trois cents panneaux, dont la plupart ont fort bien résisté aux affres du temps.


Le zoom poussé à son maximum, vous pouvez donc admirez...



Un petit ange au visage poupin et bien innocent...


Un petit diable sûr de son fait, armé de sa lance....


Je laisse ici vaquer votre imagination....


Facétieux artistes à l'origine de tous ces décors ! Est représenté ici l'évêque, la tête surmontée d'une mitre, posée sur un corps de volaille....


Porche d'entrée monumental d'un caviste de Fréjus, avec ses deux cariatides. De là à nous faire peur de consommer... avec modération !


Voilà, c'est un peu aussi pour cela que l'on vient à Fréjus, pour visiter l'antique cité gallo-romaine, à l'origine le Forum Julii ( le Forum de Jules.... César, pour ceux qui auraient du mal à suivre), fondé en 49 avant JC, afin de contrer la puissance de Massilia. Riche patrimoine qui bien que présent pour l'essentiel sous la forme de vestiges, n'en reste pas moins le plus complet parmi les villes françaises.




L'aqueduc romain qui alimentait en son temps la ville de Fréjus depuis Mons et Montauroux


L'amphithéâtre ou Arènes. Construit au 1er siècle. Mesurant 113 mètres de long pour 85 mètres de larges, il  pouvait contenir entre 10 000 et 12 000 spectateurs.


Aujourd'hui, force de constater que le temps a rempli ses offices de sape, qui plus est avec la rupture en 1959 du barrage de Malpasset qui a quelque peu décapé l'édifice, déjà semi-enterré à l'époque.



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Dimanche 3 août 2008 7 03 /08 /Août /2008 22:00
Fernand Léger (1881-1955)  est considéré comme l'un des pionniers du cubisme même s'il n'était pas lui-même un peintre cubiste, il faut saisir la nuance ! D'aucuns affirment que l'artiste a tout au long de sa carrière - prolifique - développé son propre style : le tubisme ; style que Louis Vauxcelles, critique d'art éminent du début du XXe siècle, a mis en exergue.

C'est après la mort de l'artiste que Nadia Léger et Georges Bauquier décident de construire à Biot, à l'emplacement dit du Mas Saint-André, un musée permettant de présenter l'oeuvre du peintre. Sous la direction de l'architecte André Svétchine, la première pierre est posée le 27 février 1957. Le musée est inauguré le 13 mai 1960 avant d'être, avec les 348 oeuvres qu'il renferme, légué à l'état en 1967.


Le musée Fernand Léger est facilement repérable dans le paysage, ne serait-ce qu'au vu de sa façade sud - photo-ci-dessus - qui intègre une mosaïque - céramique que Léger avait étudiée initialement pour le stade - vélodrome de la ville de Hanovre. La mosaïque polychrome est confiée à Lino Mélano et les deux céramiques monumentales sont réalisées à Biot dans l'atelier Brice.



La façade est (ci-dessus) ainsi que la façade ouest (ci-dessous) ont été éxécutées en 1990, lorsque des travaux ont permis au musée de doubler sa surface. Elles sont l'oeuvre de Heidi Mélano, inspirées par les projets de Léger pour la Triennale de Milan, 1951 et les  décorations de l'université de Caracas. Pour les avoir approchées de près, je peux vous dire qu'elles font leur effet !








Grande bâche présente dans le hall d'entrée, réalisée d'après un dessin de l'artiste


Le musée Fernand Léger a réouvert le 20 juin, après des travaux d'aménagement de son espace intérieur. Il accueille en ce moment une exposition temporaire : La partie de campagne, Fernand léger  et ses amis photographes. En préambule à celle-ci, nous découvrons donc une petite mise en scène, avec une Simca en guise de symbole....

Une mise en bouche textuelle rédigée à l'intention des visiteurs présents ou à venir :


La Partie de Campagne
est le titre que Fernand Léger a donné à plusieurs toiles réalisées à la fin de sa vie dans les années cinquante. Toutes, comme les  études dessinées qui appartiennent à cet ensemble  traitent d'un sujet évocateur celui des loisirs et des congés. Neuf ans après la fin du deuxième conflit mondial, Fernand Léger renoue avec la thématique générale de "la joie de vivre" traitée par de nombreux artistes Auguste Renoir, Edouard Manet, Guy de Maupassant...
A côté des oeuvres de Fernand Léger, les photographies de Robert Doisneau, Willy Ronis, Henri Cartier-Bresson, André Kertesz, Brassaï , viennent enrichir le propos de l'exposition, on y retrouve les même personnages, campeurs, pêcheurs et promeneurs avec leurs bicyclettes et leur voiture, symboles de liberté qui leur permettent  de gouter aux plaisirs  de la campagne le temps des vacances. 

Et deux toiles photographiées par mes soins :                                              




Les loisirs sur fond rouge - 1954



La partie de campagne - 1953


Vitrail réalisé par les maîtres verriers Aubert et Pittelou, installés à Lausanne, d'après un dessin de Fernand Léger


Fernand Léger himself, scrutant une de ses oeuvres.


Les constructeurs - 1950.

Avant même de découvrir ce musée et plus en détail l'oeuvre de Léger, cet artiste était connu de moi surtout pour ce type de représentation et pour cette oeuvre en particulier : des constructeurs donc, les muscles saillants sous leurs habits de labeur, manoeuvrant sous un ciel bleu éclatant entre poutres métalliques et échelles.


J'allais donc découvrir que Fernand Léger ne se résumait pas qu'à cela comme Picasso ne se résume pas qu'au cubisme qu'il a initié en son temps.



Les femmes au perroquet - 1952

Paravent  "Queue de comètes" - 1930


La femme aux cheveux noirs - 1952



La fleur qui marche - 1952





Une petite idée de la disposition des oeuvres au sein du musée.

Les toiles qui vont suivre sont antérieures au second conflit mondial. Elles relèvent du Fernand Léger première période



Le grand remorqueur - 1923


La baigneuse - 1932


La joconde aux clefs - 1930


Et un message du maitre pour finir...

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